Séparer la tour de ce qui l’entoure

La Grande Pagode de l’Oie Sauvage se dresse dans l’enceinte du temple Ci’en, au sud de Xi’an. C’est un bâtiment Tang entouré de constructions qui ne le sont pas, et les deux se confondent facilement en une seule visite.

Le bureau des chroniques locales de Xi’an la classe parmi les premiers monuments protégés au niveau national. Cette distinction concerne la tour. Presque tout ce que le visiteur longe pour y arriver appartient à une autre époque.

Pourquoi le temple a été fondé

Le bureau date la fondation de 648, vingt-deuxième année de l’ère Zhenguan. Le prince héritier Li Zhi établit le temple dans le quartier de Jinchang, à Chang’an, à la mémoire de sa mère l’impératrice Zhangsun, et la cour lui accorda le nom de Ci’en.

Les chroniques consignent l’ampleur du temple Tang : 26 570 mètres carrés, treize cours et 1 897 pièces, dont une cour de traduction. De cet ensemble, rien ne subsiste en élévation.

Les bâtiments que vous longez sont Ming

Le temple déclina à la fin des Tang et sous les Cinq Dynasties. Le bureau énonce la situation sans détour : les bâtiments visibles aujourd’hui ont été construits à partir de 1458, sous les Ming, et complétés depuis.

Cela vaut la peine d’être su avant d’arriver, car cela change ce que l’on regarde. Les salles sont une reconstruction Ming sur un site Tang. La raison de venir est la tour de brique au milieu d’elles.

La pagode que Xuanzang a demandée

En 652, troisième année de l’ère Yonghui, le moine Xuanzang demanda à l’empereur Gaozong l’autorisation de bâtir une pagode dans la cour occidentale du temple. Son objet est consigné précisément : abriter les textes, les images de Bouddha et les reliques qu’il avait rapportés d’Occident.

Ce qu’il a obtenu n’est pas ce qui se dresse là aujourd’hui. Les chroniques donnent la séquence : la pagode fut d’abord construite à cinq étages, porta ensuite à dix, fut endommagée par la guerre, et reconstruite à sept étages.

La tour est donc Tang par son origine et non par sa matière. Elle a été reconstruite, réparée et modifiée depuis, et la version que le visiteur gravit est l’aboutissement de ce processus, non le bâtiment commandé par Xuanzang.

Ce qu’est la tour aujourd’hui

Le bureau donne les mesures actuelles : 64,517 mètres de haut, sept étages, chaque côté de la base mesurant 25 mètres. Elle repose sur un socle carré de brique haut de 4,2 mètres, sur une emprise d’environ 45,5 sur 48,5 mètres.

Chaque étage présente une porte cintrée sur ses quatre faces, et un escalier tourne à l’intérieur. Au rez-de-chaussée, les portes sont de pierre, et les linteaux portent des bouddhas gravés au trait que les chroniques attribuent, par tradition et non par document, au peintre Tang Yan Liben.

Les noms laissés sur elle

Réussir les examens impériaux sous les Tang se marquait en inscrivant son nom à la pagode. Les chroniques rapportent que cette pratique dura plus de mille ans, et que 102 stèles portant ces inscriptions subsistent aujourd’hui au temple.

La tour est aussi entrée tôt dans la poésie. Du Fu et Cen Shen l’ont tous deux chantée, et les chroniques les citent : l’un décrivant une hauteur qui franchit le ciel, l’autre une tour qui semble jaillir du sol et se dresser seule au-dessus du palais céleste.

Comment lire le site

En prenant les couches dans l’ordre, la visite devient plus claire : le sol et la raison d’être sont Tang ; les salles autour de la tour sont Ming et postérieures ; la tour est d’origine Tang, reconstruite plusieurs fois, et aujourd’hui mesurée et documentée.

Les horaires, la billetterie et les parties ouvertes de l’enceinte changent selon la saison et les travaux de conservation. Renseignez-vous auprès du site plutôt que de vous fier à un résumé publié, y compris celui-ci.

Sources et lectures

Vérifiez les conditions actuelles de réservation, de transport et d’ouverture avant votre visite. Les services nécessitent au moins 7 jours de préavis.